Le soleil commence à peine à se montrer que quelques oiseaux entament leurs chants matinaux.
Les premiers rayons de lumière se faufilent à travers les branches de la sombre forêt dans laquelle vous avez établi un petit campement de fortune pour passer la nuit et viennent vous chauffer le
visage. Vous vous étirez, et profitez du fait qu'il est encore très tôt pour vous accorder un moment à observer la nature se réveiller petit à petit.
Bien que vous ayez passé la majeure partie de votre temps à arpenter ces terres ces derniers mois, l'atmosphère magique des lieux arrive encore, parfois, à vous fasciner. Les buissons semblent
reprendre vie à l'aube, vous avez la nette impression que leur couleur verte s'intensifie au fur et à mesure que le soleil les réchauffe. Ces hauts arbres qui, la veille au soir, vous faisaient
frissonner tellement ils rendaient cette forêt si sombre semblent s'être éloignés les uns des autres, comme si les bois avaient estimé que vous étiez digne de continuer votre route.
Le temps passe, puis vous vous surprenez à observer un petit lapin d'un sourire niais. Aujourd'hui sera une belle journée, l'ambiance qui règne ici vous permet de la commencer d'un très bon
pied.
Après vous être rembraillé, avoir remballé vos quelques affaires dans votre baluchon et accroché votre arme dans votre dos, vous reprenez la route. Le programme pour aujourd'hui ne sera que
cueillette afin de récolter des ingrédients indispensables à la conception de potions de soin et autres breuvages dont seuls les druides ont le secret. Vous avez ainsi tout votre temps pour trouver
les meilleurs coins, ceux qu'aucun autre n'aura trouvé avant vous, là où les herbes et les fruits sauvages sont de la meilleure qualité qui soit.
La journée a maintenant avancé, d'après le temps passé en forêt et la position du soleil au dessus de votre crâne, vous estimez que l'après-midi est déjà bien entamé. Un coup d'œil au contenu de
votre besace en peau de troll : tout ce dont vous avez besoin est là. Maintenant, il est temps de prendre le chemin du refuge afin de ranger vos trouvailles et faire un tour à la taverne avant de
sortir le chaudron.
Seulement, après quelques minutes de marche, vous vous apercevez que vous avez complètement oublié de récupérer quelques brindilles nécessaires à certains mélanges. Quelle bêtise! Comment peut-on
passer sa journée à la cueillette et oublier l'essentiel? Heureusement, ces ressources-là ne sont pas rares et vous pouvez en ramasser le long du chemin.
Fouillant à droite à gauche, essayant de ne ramasser que celles qui semblent les moins abîmées, vous ne faites pas attention à où vous mettez les pieds et, en moins de temps qu'il n'en faut pour
imaginer Naïma dans votre lit, vous vous retrouvez le visage dans une flaque d'eau. Déjà énervé par votre oubli, vous vous relevez, furieux, vous apprêtant à donner un bon coup de pied dans le
rocher qui a causé votre chute. Et là, surprise : ce n'est pas contre un rocher que vous avez butté, mais contre un petit coffret de métal doré. Vous prenez l'objet en main, ce que contient la
boîte doit être précieux au vu de la finesse des gravures dont elle est décorée. Ni une, ni deux, après avoir jeté quelques regards pour être sûr que personne ne vous a vu, vous rangez le petit
coffre avec vos affaires.
Le soir, arrivé au refuge, vous décidez d'en découvrir le contenu. Hélas, c'était sans compter sur le petit cadenas qui empêche l'ouverture du coffret. Et rien n'y fait : vous tentez de l'empoigner
pour tirer dessus, de le crocheter, vous essayez même de l'ouvrir avec les clefs que vous possédez, mais la serrure ne cède pas.
Après plusieurs essais infructueux, vous vous résignez à demander de l'aide à l'une de vos connaissances, Kronem le gobelin. Forgeron de métier, il saura certainement vous aider à ouvrir la
boîte.
Vous filez donc frapper chez Kronem. Une fois installé chez lui, vous inventez une histoire expliquant que vous avez retrouvé un vieux coffret en fouillant dans vos affaires, mais en avez égaré la
clef. Le gobelin vous regarde d'abord d'un air suspicieux puis, lorsque vous sortez l'objet de votre besace, les yeux de votre ami fixent amoureusement la boîte. Il semble intéressé par son contenu
qu'il doit juger, comme vous, important, et il y a fort à parier que s'il vous offre son aide, vous devrez partager le butin. Qu'à cela ne tienne, vous êtes trop curieux pour attendre!
Après avoir observé le petit coffre sous toutes ses coutures, Kronem vous propose un marché :
"Hmmm... Tu sais l'ami, j'ai pas forcément l'temps à t'accorder pour tes broutilles là... Demain soir, un pote vient grailler ici, et j'ai une soupe à préparer! Ah mais j'y pense, tu pourrais p'tèt
ben m'rendre un tit service... Tu sais ce qu'il y a de meilleur, dans la soupe? Hein? Tu sais? Non!? Les yeux de crapaud! M'en faudrait une trentaine d'ici demain soir, mais si j'dois m'occuper
d'ta boîte, j'aurais certainement pas l'temps pour faire la bouffe, si tu vois ce que je veux dire..."
Vous adressez un clin d'oeil au gobelin.
"Héhé, t'es un mec cool toi. Quand tu r'viendras avec mes yeux, j'fabriqu'rai un bon outil qui f'ra céder ce cadenas de malheur. Et on pourra l'ouvrir ta boîte! Je l'ouvrirai même pour toi,
héhé..."
Comprenant que Kronem ne compte pas vous laisser vous en tirer à si bon compte, vous faites un peu la moue, mais, trop impatient de savoir ce que contient le coffre, vous partez à la chasse.